« La chute de Constantia », un roman grec étonnant, drôle et touchant. Κριτική στο Express.fr

Νομίζω πήραμε μια πολύ καλή κριτική στο Express, έτσι τουλάχιστον μου γράφει η μεταφράστριά μου Monique Lyrhans​!

« La chute de Constantia », un roman grec étonnant, drôle et touchant

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« La chute de Constantia », de Yannis Makridakis (Sabine Wespieser Editeur – Traduction Monique Lyrhans)3plumes sur 3

Voilà un drôle de récit. D’abord, il est grec et c’est la première fois que je lis un livre grec, en-dehors des mémoires de Mélina Mercouri il y a très longtemps… Alors, forcément, c’est l’occasion d’une immersion et c’est passionnant.

C’est le récit extravagant qu’un gendre fait à sa belle-mère dans une lettre d’une soixantaine de pages, en forme de longue confidence, presque une confession. Une confession, ce pourrait presque être ça, pour cette femme âgée et sa copine Vanguelia, une vraie commère aussi, qui ensemble découvrent horrifiées que Yannis ne serait pas aussi grec qu’on le pensait.
Il faut dire que l’histoire se passe à Istanbul et qu’à Istanbul vivent des Grecs, appelés Romiotes, qui n’ont pas pardonné aux Turcs les pogroms perpétrés il y a cinquante ans pour se débarasser d’eux.

"Les causeuses", Camille Claudel« Les causeuses », Camille Claudel

Yannis confie donc le secret de sa naissance, son adoption, qu’il vient d’apprendre, et son récit est plein d’humanité, de douleur, de gratitude, d’empathie. Les deux vieilles qui en prennent connaissance sont, elles, confites dans un racisme, un communautarisme, une petitesse d’esprit bien rassie, et bien comique aussi.
Ces 180 pages de la lecture en temps réel de ces commères, réactions et réflexions aigres (« maintenant il ne manquait plus que ça, qu’il nous raconte aussi l’histoire d’Elli, fit Constantia, à bout« ) intercalées dans le texte de la lettre parfois cité en tant que tel, parfois rapporté, sont très vivantes et très drôles, naviguant à vue entre ces deux extrêmes, avant un coup de théâtre final.

Le lecteur a le plaisir de trouver des questionnements qui semblent parfois un peu oubliés aujourd’hui, sur les générations qui précédent et font d’un être ce qu’il est. Ainsi Yannis rend compte dans cette lettre fleuve de sa quête de ses origines et reconstitue le puzzle des ses ascendants : « Donc, pour commencer, j’ai écrit mon prénom, Yannis, tout en haut de la feuille, et à côté les noms de famille « Yasar – Fratzeskalis », en dessous deux flèches au bout desquelles j’ai écrit « Gilmaz Yasar- épicier » et « Anastasia Daphnis morte à Baloukli », mon père et ma mère. Ensuite, en dessous du nom de mon père, j’ai encore fait deux flèches et j’ai écrit (….) ». Et nous découvrons en même temps cette société romiote au coeur d’Istanbul-Constantinople, méconnue chez nous, qui achetons des sandwichs grecs chez des commerçants Turcs… et, avec Yannis, cette folie des hommes qui préfèrent enfermer une jeune fille grecque amoureuse d’un Turc ou menacer un fils grec qui voudrait épouser une Turque de le renier.
Un livre drôle et assez pénétrant qui réjouit, dépayse, apprend et fait penser…

Véronique Poirson

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