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LIRE LA GRÈCE D’AUJOURD’HUI:
Η ΔΕΞΙΑ ΤΣΕΠΗ ΤΟΥ ΡΑΣΟΥ, [La poche droite de la soutane], de Yannis MAKRIDAKIS
par Serge Belletti

La Grèce aujourd’hui
Depuis bientôt deux ans maintenant, la Grèce est régulièrement à la une de tous les journaux et de tous les médias aux quatre coins du monde, et notamment en Europe, pour les raisons économiques et politiques que nous connaissons tous.

Ces mêmes médias, jusqu’alors majoritairement indifférents au présent et à l’avenir de ce grand ”petit pays” à l’origine de notre culture et de nos valeurs humanistes, situé aux confins de l’Union européenne et en contact permanent avec l’Asie, se déchaînent aujourd’hui contre lui et en font injustement le bouc émissaire de tous les malheurs de la zone euro.

Pourtant, la Grèce, loin de l’image déplorable que certains s’acharnent à nous en donner, demeure un pays jeune, dynamique, courageux et créatif où, dans l’ignorance et le mépris parfois des autres pays européens, de nouveaux talents surgissent dans tous les domaines qui sont le témoignage de la pérennité et de la force vitale de cette Grèce à laquelle nous sommes tous intimement liés et qui nous a tant apporté.

Genèse d’une rencontre
Lors de mon court séjour à Athènes, en juillet 2010, Argyro, une amie grecque, m’a offert un petit livre écrit par un jeune écrivain grec natif de l’île de Chios dont le succès, après la publication de trois ou quatre ouvrages, allait grandissant auprès de la critique et du public hellènes. Yannis Makridakis, c’est le nom de ce jeune auteur, figurait en première page des suppléments littéraires et culturels des journaux et des media grecs depuis des mois et… nous n’en savions rien ! Le court récit offert s’intitulait La poche droite de la soutane et venait d’être réédité pour la cinquième fois par la maison d’éditions grecque Estia. Il y en eut d’autres rééditions par la suite…

Laissant de côté les autres ouvrages rapportés de Grèce, je me plongeai dans la lecture de ce récit dès mon retour en France, privilège accordé au cadeau d’une grande amie. Il fut mon plus fidèle compagnon de l’automne 2010. Non, je ne vous dirai pas, comme les critiques qui encensent les sagas à succès de notre temps, que je ne posai le livre qu’arrivé à la dernière page. Bien au contraire ! Je ne cessais d’interrompre ma lecture, non par ennui bien sûr, mais afin de reprendre haleine, de vivre pleinement l’émotion qui m’envahissait à chaque paragraphe et de recréer à l’aide de mon imagination assaillie d’images, le paysage grandiose des alentours du monastère où courait le frère Vikendios avec sur ses talons Rony, le chiot qu’il était parvenu à arracher à la mort.

Pendant l’hiver 2011, après avoir échangé avec lui quelques mails, j’avais donné rendez-vous à Yannis Makridakis dans son île natale… Je fis le voyage à Chios, l’été dernier, pour le rencontrer chez lui, dans le pittoresque village de Volissos, et pour visiter le monastère perché sur la falaise face aux côtes turques où officie encore le solitaire frère Vikendios (sous un autre nom, bien sûr).

Je rencontrai chez Yannis sa compagne Stathia à qui est dédié La poche droite de la soutane et son éditrice, Eva Karaïtidi, de la maison d’éditions Estia. Tous les cinq (il y avait un cinquième convive), autour de la table installée dans le jardin de la modeste maison, nous nous sommes interrogés, tout en savourant les produits du jardin, sur l’avenir européen et international de ce récit qui m’avait ému et dont je voudrais faire partager la beauté et la sensibilité aux publics francophones, si l’honneur m’est fait un jour de pouvoir le traduire dans ma langue maternelle.

Synopsis du récit La poche droite de la soutane
« Rony, Rony, viens près de moi, viens, viens voir, le bateau arrive, l’appela avec une grande douceur le moine debout sur l’esplanade devant le monastère. Il saisit les cordes de la cloche du monastère et se tourna vers la mer. Le soleil venait de passer derrière la montagne couleur d’encre. C’était le premier jour de mes vacances dans l’île, et, après mon bain de mer inaugural, je venais juste de gravir le chemin pente qui de la plage mène au monastère. Un chiot noir et blanc tout menu courait, joueur, autour du moine en se frottant à sa soutane. »1. Ce sont quelques-uns des rares mots du narrateur à la présence discrète tout au long du récit.

Dans l’île de Chios, au monastère de la « Παναγιά τ’Ακρωτηρίου » (Panagias Mersinidiou dans la réalité), il ne reste qu’un seul moine, le frère Vikendios. Tous les autres reposent en paix dans le petit cimetière de ces lieux isolés et battus par les vents marins. Parmi eux, l’igoumène qui avait accueilli à bras ouverts Vassilis (son prénom dans le siècle) à son arrivée en plein hiver 1984. Adolescent attiré par la vie monastique, il avait trouvé refuge auprès des vieux moines, obstinés à continuer de donner vie à leur monastère. Logé dans une méchante cellule abandonnée, il souffrit du froid et de la faim, et ne reçut pas d’éducation : l’igoumène imposait un jeûne monacal strict et évinçait du monastère les jeunes aspirants moines trop cultivés.

« La nuit où mourut l’Archevêque, Sissi mit bas.»2, ainsi débute le récit. L’Archevêque, autorité suprême de l’église orthodoxe grecque, était aimé et révéré par tous les fidèles. Sissi, elle, est une petite chienne délicate qui partage la solitude de Vikendios, interrompue seulement par les nouvelles matinales, que, désormais homme d’âge mûr, il écoute grâce à un modeste poste de radio, unique concession au monde de la technologie. Le peuple et le clergé orthodoxes sont en deuil après le décès très médiatisé du décès de l’Archevêque et la mort de Sissi, des suites de son accouchement de trois minuscules chiots, plongera Vikendios dans un autre deuil, plus intime et plus cruel. Il tentera obstinément toutefois de sauver les trois chiots nouveau-nés dont Sissi lui a confié la fragile existence. Deux d’entre eux ne résisteront pas à l’involontaire abandon maternel, un seul, porté par une énergie vitale inhabituelle, survivra grâce aux bons soins de Vikendios. Il l’appellera Rony.

Un passage du récit

Grâce à la généreuse autorisation de Yannis Makridakis et de la maison d’éditions Estia, il nous est possible aujourd’hui de publier deux pages du récit. Il s’agit d’un des passages les plus intenses du récit : Sissi, la petite chienne, est sur le point de mettre au monde ses chiots au cœur de la solitude du monastère et le frère Vikendios assiste impuissant aux douleurs de l’accouchement et découvre, ému aux larmes et en plein désarroi, un de plus beaux mystères de la vie : la naissance d’un être vivant.
«Vers cinq heures du matin, le bruit le réveilla : la chienne accouchait. Le souffle court, il sauta du lit et entreprit de défroisser sa soutane et d’arranger son bonnet sur sa tête. Dehors, le temps n’avait pas changé, égal à lui-même. Il plia la couverture, alluma une bougie et s’approcha du coffre. Il s’assit sur le tabouret, il frissonnait de tout son corps. À la lumière tremblotante de la flamme, il lui sembla qu’une vapeur s’échappait de la poitrine de la petite chienne, qu’elle luttait et qu’elle le regardait droit dans les yeux. C’était un appel « à l’aide », elle respirait lourdement, poussait de ses deux petites pattes de devant les planches du coffre et du tréfonds de son corps tout menu sortaient des gémissements et de petits jappements. De temps en temps, elle fermait les paupières, tournait la tête douloureusement et réchauffait son museau sous les pans bouffants de la soutane. Les yeux exorbités, Vikendios la regardait en retenant la couverture sous son menton. D’une main tremblante, il tenait la bougie tandis que de l’autre, il ne cessait de se signer. Ses lèvres murmuraient une prière de plus en plus nette. Peu après, un lourd murmure s’éleva sous le dôme du monastère qui imposa silence au bruit du vent et même interrompit brutalement sa prière. Les yeux tout écarquillés, il se pencha un peu plus pour mieux voir à la lueur de la bougie. Sissi avait donné une forte poussée et un minuscule corps noir et blanc, pas plus gros qu’un de ses doigts à lui, s’était détaché d’elle. Étendu sur le dos, dans la soutane défraîchie, il remuait ses petites pattes et pleurait misérablement. La maman chienne se tourna et lécha d’un coup de langue sur le petit ventre rond le sang qu’elle avait perdu, puis, tout affaiblie, elle se retourna afin de rassembler ses forces pour le reste de la portée. Ébahi, Vikendios, toucha du bout du doigt le minuscule corps nu dont la chaleur le fit tressaillir de la tête aux pieds. Il fixa la bougie dans une fente des planches afin qu’elle continuât d’éclairer de sa lumière le berceau, puis il se leva sans bruit.

Bravo, ma petite Sissi, dit-il tout doucement, comme dans un murmure, tandis qu’il s’éloignait un peu pour s’asseoir sur le lit, tu nous as fait un petit ange. Tu vois, ce n’était pas si difficile. Ce sera un jeu d’enfant pour les autres. Moi, tu sais, je n’ai pas peur. Il se tenait bien droit, assis au bord du lit, il avait l’estomac serré et ses jambes dansaient nerveusement sur le plancher ; malgré tout, il dirigea un regard déterminé vers l’extérieur, au-delà de la vitre, et joignit les mains dans une attente courageuse de ce qu’il adviendrait. Comme tous les matins, il continua à lui parler d’un ton anodin, quelle heure est-il, cinq heures et demie, hein ? Je me suis réveillé une demi-heure plus tôt aujourd’hui, ça ne fait rien, je vais te mettre la radio, comme d’habitude, ne crains rien, tout va bien se passer avec la bénédiction de la Sainte Vierge. Tout un monologue destiné à repousser sa propre peur. Il ne voulait pas en voir un autre naître. Il sentait que ses jambes ne le soutenaient plus. Puis, il retourna se coucher sur le dos, sous les couvertures froides. Il tourna le bouton de la radio et tomba sur les informations matinales. Après avoir lutté de longs mois contre la maladie, l’Archevêque s’était éteint à cinq heures et quart, au petit matin.» 3

Η δεξιά τσέπη του ράσου, [La poche droite de la soutane], Yannis MAKRIDAKIS , Athènes, 2009, Éditions ESTIA, pp 18 à 20

1 Η δεξιά τσέπη του ράσου, Athènes, janvier 2010, 5e édition, Éditions Estia, p. 142.
Ibidem, p. 9.
3 Extrait traduit par Serge Belletti avec l’aimable autorisation de l’auteur et de la maison d’Éditions Estia.

Yannis Makridakis et son œuvre
Né dans l’île de Chios en 1971, Yannis Makridakis a décidé d’y vivre et a trouvé refuge dans le village de Volissos, dans une modeste maison entourée d’un jardin potager qu’il cultive lui-même. « Je ne suis pas écrivain, je suis agriculteur », déclare-t-il d’emblée au lecteur qui lui rend visite.

Après des études de mathématiques, « Les mathématiques sont le fondement de toute chose » affirme-t-il au visiteur ébahi, en quête d’émotions plutôt littéraires (!), il crée, en 1997, le Centre d’études sur Chios (Κέντρο Χιακών Μελετών) avec pour objectifs la recherche, l’archivage, l’étude et la diffusion des documents concernant l’île. Il organise les programmes pédagogiques et de recherche du centre dont il est l’éditeur et dont il dirige la revue trimestrielle, Πελινναίο.

Il est l’auteur de deux récits historiques publiés par ses éditions en 2006 et 2007 intitulés respectivementΣυρματένιοι, ξεσυρματένιοι όλοι. Χιώτες πρόσφυγες και στρατιώτες στη Μέση Ανατολή: Μαρτυρίες 1941-1946 et 10.516 μέρες Ιστορία της νεοελληνικής Χίου 1912-1940.

Son premier roman, Ανάμισης ντενεκές, a été publié en 2008 et a déjà fait l’objet de nombreuses éditions après l’accueil enthousiaste que lui ont réservé tant la critique que le public grecs. Une traduction en turc du roman a récemment été publiée.

Depuis ce premier succès, il a publié d’autres romans et récits qui ont tous reçu le même accueil particulièrement favorable. Un recueil de nouvelles devrait voir le jour prochainement.

Note bibliographique et synopsis

Récits historiques :

- Συρματένιοι, ξεσυρματένιοι όλοι. Χιώτες πρόσφυγες και στρατιώτες στη Μέση Ανατολή: Μαρτυρίες 1941-1946 et 10.516, Πελινναίο, 2006
Recueil de témoignages de soldats et d’habitants de Chios ayant émigré au Moyen-Orient au cours de la Seconde Guerre mondiale à la suite de l’occupation de l’île par les Allemands.

10.516 μέρες Ιστορία της νεοελληνικής Χίου 1912-1940, Πελινναιο, 2007
Cet ouvrage a pour objet l’histoire contemporaine de l’île de Chios de l’année 1912, date de son rattachement à la Grèce (en novembre) à la suite de sa libération par la marine grecque lors de la première guerre balkanique, à l’année 1940 avant l’occupation de l’île par les troupes Allemandes.

Œuvres romanesques (récits et romans) :
Ανάμισης ντενεκές, Εστία, 2008, roman
Aîné d’une famille de huit enfants, Yorgis Pétikas, fils de Nikola Pétikas, honnête berger et agriculteur dur à la tâche à Kardamila, île de Chios, revient d’Amérique pour la seconde fois. Il avait accepté ce nouvel exil d’un an afin de gagner, grâce au fruit de son travail dans les abattoirs, de quoi doter ses trois sœurs restées au village dans l’espoir qu’elles épousent un propriétaire ou un capitaine de bateau et vivent ainsi une vie meilleure. Un crime passionnel jettera Yorgis Pétikas dans la clandestinité et transformera à jamais sa vie avant de faire de lui une légende qui survivra à l’épreuve du temps…

Η δεξιά τσέπη του ράσου, Εστία, 2009, récit

Ήλιος με δόντια, Εστία, 2010, roman
Sous forme de confession contenue dans trois bobines de magnétophone (‘Les bobines’ est le titre de la première partie du roman), l’ «antihéros » de ce roman, Kostandis/Konstandinos Chapsas, alias Idionimon, né à Chora, la capitale de l’île de Chios en 1908 et très tôt orphelin, raconte une vie, sa vie, marquée au fer rouge par l’isolement, la raillerie et le rejet dont il est l’objet de la part de la société bienpensante de l’île qui n’accepte pas son efféminement et son homosexualité. La deuxième partie laisse la parole à Nikolaos Troubis dont le témoignage donnera la clé de la provenance des bobines enregistrées et expliquera pourquoi la vie de Konstandis perdit son fragile équilibre avant de sombrer définitivement dans la psychose et la paranoïa. Un troisième et dernier narrateur fouillera les archives, les manuscrits et les souvenirs des témoins de l’époque afin de parfaire la reconstitution du destin émouvant de cet homme unique, intelligent et sensible que fut Konstandis Chapsas.

Λαγού μαλλί, Εστία, 2010, récit
Dans l’île de Chios, Simos, alias Sphando (c’est-à-dire ‘fantôme’), est mort en pleine mer à bord de son caïque le jour même où, à Kastelorizo, le premier ministre Yorgos Papandréou faisait une déclaration à propos du plan de soutien à la Grèce. Emporté par une crise cardiaque près des côtes turques, les pêcheurs de Chios ont fait rapatrier, après de longues démarches bureaucratiques, le bateau et le corps dans l’île. Le jour de la grande grève de protestation qui se déroule à Athènes, le vieux loup de mer solitaire est enterré mais le corps du défunt porte encore en lui l’écho de sa vie et, au cours du repas qui suit la cérémonie, ses quatre amis venus lui rendre un dernier hommage, tendent l’oreille et écoutent attentivement ses paroles sans se quitter du regard…

Η άλωση της Κωσταντίας, Εστία, 2011, roman
Des fenêtres de son appartement stambouliote, Kostantia voit les bateaux aller et venir sur le canal. Bien que grecque, elle n’a pas quitté la ville lors des évènements historiques qui, dans les années cinquante, ont fait fuir presque tous ses compatriotes. Ce jour-là, elle reçoit une longue lettre signée de son gendre, un Grec que sa fille a rencontré et épousé à Athènes à l’époque de ses études. En compagnie de sa fidèle amie, Vanguelia, elle passe la nuit à lire et à commenter chaque ligne de cette confession où lui est révélée une terrible nouvelle…

La presse grecque et les deux derniers ouvrages de Yannis Makridakis
(Extraits d’articles publiés dans les quotidiens ou revues)

Λαγού μαλλί
(littéralement : « toison de lièvre », expression que se lancent les pêcheurs avant de partir en mer pour se souhaiter mutuellement bonne pêche)

«[Yannis Makridakis] a forgé une littérature qui, dès la première ligne, a donné la parole aux anonymes habitants de Chios […]. En ayant recours à de nombreux éléments du parler local, il tourne son regard vers le présent et la façon dont ce dernier marque ses héros ”naïfs” qui refusent absolument de s’adapter aux temps nouveaux.»

« Le nouveau récit de Yannis Makridakis lie la mort d’un pêcheur de l’île de Chios à la visite et au discours du premier ministre, Yorgos Papandréou, à Kastelorizo. »

Extraits d’entretien avec Yannis Makridakis, mené par le journaliste Vassilis Kalamaras, EΛΕΥΘΕΡΟΤΥΠΙΑ (Eleftherotypia), janvier 2011
« V.K.  Le choix de faire de votre lieu de naissance, Chios, le cadre où s’inscrit votre littérature, dans quelle mesure est-il conscient ?
Y.M.  Chios est le cadre que je connais le mieux. Jamais je n’écrirais sur quelque chose que je ne connais pas.

V.K. Comment fait-on du monde clos d’une île une littérature moderne et nouvelle ?
Y.M. L’art laissé lors de son passage sur cette terre par un pêcheur est, à mon avis, bien supérieur à celui laissé par le bourgeois de notre époque, employé d’une multinationale ou fonctionnaire. C’est à l’écrivain que revient de choisir sa matière première mais aussi de l’insérer dans un cadre moderne pour en faire une littérature nouvelle.

V.K. N’avez-vous pas eu peur de tomber dans les travers de l’exotisme et du pittoresque ?
Y.M. Tout ce que j’écris existe et je l’ai vécu. Je le vis encore aujourd’hui. Je ne décris pas de situations et de vies dépassées, dorénavant disparues ou enjolivées – indépendamment du fait que dans le milieu bourgeois et dans le mode de vie actuel, elles sont considérées comme pittoresques. Pour moi, c’est une matière première au service de l’art et je mise sur tous les lecteurs capables de ressentir émotions et sensations. Et ils sont nombreux en fin de compte, je vous l’assure.

V.K. Votre récit Λαγού μαλλί donne la parole aux pêcheurs anonymes qui n’hésitent pas à traiter de “bordel” l’État grec ?
Y.M. Le récit Λαγού μαλλί a été écrit parce qu’il préexistait en tant que littérature non écrite. On entend ces conversations chaque jour sur les petits ports du territoire grec. »

Η άλωση της Κωσταντίας, [La chute de Konstantia]
« Cinq ans à peine sont passés depuis la publication du premier livre de Yannis Makridakis. Et il semble déjà qu’il ait gagné l’un des plus difficiles paris auxquels fait face un auteur : imposer un style propre. Quand nous lisons les premières lignes de La chute de Konstandias, nous avons la certitude qu’elles sont le fruit de la plume de l’un, sans doute, des plus importants écrivains grecs de notre époque. »

Érika Varangouli (PSYCHOLOGIES Magazine/Juin 2011)
« L’intérêt, c’est le jeu de l’écrivain avec la notion de vérité. […]. La vérité est question de point de vue et, selon le point de vue, elle peut amener à la folie ou à la délivrance. Et ainsi Yannis Makridakis remporte un autre défi : parler à la fois avec sérieux et légèreté de nos obstinations nationales, tout en évitant tant “l’immatérialisation” sacrée qui abolit toute conscience historique de la réalité que la sèche démystification idéologique qui ignore le fardeau historique de la vie [des personnages]… »
Vanguelis Chatzivasiliou (ΤΟ ΒΗΜΑ /Août 2011)
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